La France et les applications non énergétiques

La France est attachée au développement des utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire dans le cadre de l’application de l’article IV du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Elle est convaincue que les technologies nucléaires ont une contribution majeure à apporter à la satisfaction des besoins humains fondamentaux et au développement durable et que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a un rôle primordial à jouer pour leur promotion.

A cet égard, La France est engagée de longue date aux côtés de l’AIEA pour le développement, la promotion et la diffusion des applications nucléaires non énergétiques dans les domaines de la santé humaine et la nutrition, de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, et de la gestion et la protection de l’environnement et des ressources en eau.

Programme d’action en faveur de la cancérothérapie (PACT)

Le Programme d’action en faveur de la cancérothérapie (PACT) a été lancé par l’AIEA en 2004 pour tirer parti de l’expérience acquise en matière de médecine et de technologie radiologiques et permettre aux pays en développement de créer, de renforcer ou d’améliorer de façon durable leurs capacités et leurs services de soins oncologiques en incorporant la radiothérapie dans le diagnostic et le traitement du cancer .

« Le cancer se soigne de mieux en mieux dans les pays développés, mais beaucoup de pays en développement n’ont pas les équipements et les ressources humaines pour réagir efficacement face à l’épidémie croissante de cette terrible maladie. »

Yukiya Amano, Directeur général de l’AIEA.

Dans la droite ligne de la dynamique initiée par le Directeur général de l’AIEA, qui a placé la thématique de la lutte contre le cancer comme priorité de l’action de l’Agence depuis 2010, la France fournit des contributions volontaires au programme transversal PACT. Ainsi, en janvier 2013, 30 000 euros ont été versés au programme PACT. 20 000 euros avaient déjà été versés par la France en 2012 et 30 000 en 2011.

En outre, l’année 2011 a été marquée par la signature d’un arrangement pratique entre l’AIEA et l’Institut national du Cancer (InCA) dans le but de renforcer la contribution de l’InCA aux activités du PACT en particulier dans le domaine de la formation de médecins. Dans le cadre du partenariat initié entre l’AIEA et l’InCA, la France mobilise son expertise au service de l’Agence en participant aux missions imPACT (integrated mission PACT) organisées dans les pays en développement. Ces missions consistent à fournir un examen détaillé d’évaluation des besoins des pays cibles.

Enfin, toujours au profit du programme PACT, la France accueille des professionnels de la santé de pays en développement pour leur dispenser des formations de longue durée dans ses services de médecine nucléaire et de radiothérapie.

Projet de la technique de l’insecte stérile (TIS)

La France accueille et cofinance avec l’AIEA le projet de recherche conjoint AIEA-IRD sur la technique de l’insecte stérile visant à la lutte contre les moustiques vecteurs du paludisme, de la dengue et du Chikungunya sur l’île de la Réunion. La France a versé 30 000 euros au projet TIS en 2012 et 25 000 euros en 2011.

« La technique de l’insecte stérile, lorsqu’elle est intégrée à d’autres techniques d’éradication, peut contribuer à réduire les pertes, à éradiquer les insectes ravageurs envahissants et à faciliter le commerce international, et peut éradiquer des parasites ou des insectes vecteurs qui transmettent des maladies graves sur le plan vétérinaire et médical. »

Karen Hulebak, rapporteur du Forum Scientifique 2012 de l’AIEA.

La technique de l’insecte stérile est une méthode de lutte contre les insectes ravageurs qui utilise la génétique. Le projet TIS consiste à développer et diffuser une méthode de lutte anti-vectorielle contre les moustiques : en d’autres termes, il s’agit d’une forme de contrôle des naissances des insectes menés à l’échelle d’une région visant à réduire la transmission de maladies chez les hommes.

Le programme TIS est porté par Le Centre de Recherche et de Veille sur les Maladies Emergentes dans l’Océan Indien (CRVOI) qui étudie la faisabilité d’un contrôle des populations de moustiques Anopheles arabiensis (vecteur de paludisme) et Aedes albopictus (vecteur de Chikungunya et Dengue) et son applicabilité à La Réunion et aux autres îles de l’Océan Indien.

Ce programme est coordonné par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) en collaboration étroite avec l’AIEA et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD). Les techniques développées dans le cadre de ce projet sont d’abord réalisées dans les laboratoires de l’AIEA à Seibersdorf, en Autriche, avant d’être importées sur l’île de la Réunion.

Lutte contre l’acidification des océans

La France soutient les travaux conduits par les scientifiques du laboratoire de l’environnement marin à Monaco sur les conséquences de l’acidification des océans et le réchauffement climatique sur les organismes marins. Ce soutien s’est concrétisé en 2013 par la mise à disposition de l’Agence de l’un des experts du Commissariat à l’Energie Atomique et aux énergies renouvelables (CEA) les plus qualifiés sur la thématique. Cet expert est aujourd’hui coordinateur de projet au sein du centre de coordination international relatif à l’acidification des océans OA-ICC. Ce centre constitue une plateforme incontournable visant à promouvoir les activités mondiales sur l’acidification des océans.

En outre, l’AIEA a organisé en septembre 2013, en marge de la 57ème conférence générale, un forum scientifique intitulé « Planète bleue » et portant sur la contribution des applications nucléaires en faveur d’un environnement marin durable. L’ouverture de ce forum a été marquée par l’intervention de l’Administrateur Général du CEA, M. Bernard Bigot, qui a présenté les enjeux liés à l’acidification des océans et souligné les défis à relever par la communauté scientifique dans ce domaine.

Soutien de la France aux victimes d’irradiation

La France accueille et soigne des victimes d’irradiation grâce à des techniques uniques au monde. Le centre de traitement des brulés et les services de chirurgie plastique et d’hématologie de l’Hôpital d’instruction des armées Percy à Clamart sont notamment impliqués dans un projet de coopération avec l’Amérique du Sud visant à soigner des victimes d’irradiation.

En 2012, un patient sud-américain exposé à une source radioactive utilisée dans la gammagraphie industrielle a été transféré en France où il a été pris en charge par une équipe mixte composée de personnels de l’IRSN et de cliniciens de l’Hôpital de Percy. En participant ainsi directement au programme de soutien aux victimes d’irradiation développé par l’AIEA, la France contribue à améliorer le diagnostic et le traitement des victimes irradiées.

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Dernière modification : 26/02/2015

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