Développement des infrastructures nucléaires des pays entrants

Selon ses fonctions statutaires (Articles III.A. 1-4), l’Agence doit « encourager et faciliter l’utilisation pratique de l’énergie atomique à des fins pacifiques, dans le monde entier » en « favorisant l’échange de renseignements scientifiques et techniques » et en « développant les échanges et les moyens de formation de savants et de spécialistes ».

Approche par étapes (Milestones)

Constitué en 2010 au sein du Département de l’énergie nucléaire de l’AIEA, le groupe INIG (Integrated nuclear infrastructure group) aide les pays entrants, ayant décidé de lancer ou d’étendre leur programme électronucléaire, à mener à bien leur projet national suivant l’approche par étapes (dite Milestones), en évaluant le degré de maturité de leurs infrastructures nationales et en identifiant les progrès à accomplir à chacune des trois étapes, jusqu’à la construction et l’exploitation de leur première centrale électronucléaire :

  • Phase 1 : le pays est prêt à s’engager en toute connaissance dans un programme nucléaire ;
  • Phase 2 : le pays est prêt à lancer un appel d’offre pour sa première centrale électronucléaire ;
  • Phase 3 : le pays est prêt à mettre en service et à exploiter sa première centrale électronucléaire.

Cette approche est soutenue par le Programme des Infrastructures et décrite dans plusieurs documents de référence dont le guide NG-G-3.1 édité en 2007, intitulé "Milestones in the Development of a National Infrastructure for Nuclear Power", qui définit les jalons à satisfaire pour répondre aux exigences de la communauté internationale en matière de sûreté, de sécurité, de non-prolifération, et d’acceptation publique, lors du déploiement d’un programme électronucléaire.

Ce document décline, sans ordre de priorité, les 19 dispositifs nécessaires au succès de la réalisation d’un programme électronucléaire, des plus matériels, comme les installations de production d’électricité, les réseaux de distribution ou les installations de déchets, aux plus institutionnels, comme les cadres réglementaire et organisationnel, le renforcement des capacités financières et humaines ou la culture de sûreté.

Impact de l’accident de la centrale de Fukushima-Daiichi sur les stratégies énergétiques nationales et évolution de l’assistance offerte par l’AIEA

L’accident du 11 mars 2011 de la centrale de Fukushima-Daiichi exploitée par TEPCO a eu un impact sur les stratégies énergétiques nationales, mais les prévisions de développement de l’énergie nucléaire restent croissantes sur le long terme. L’AIEA classe désormais la soixantaine de pays, intéressés par l’option électronucléaire avant l’accident de Fukushima, en quatre catégories :

  1. Ceux ayant passé commande d’une (plusieurs) centrale(s) :
    Bélarus, Emirats Arabes Unis et Turquie ;
  2. Ceux ayant officiellement annoncé leur intention politique de lancer ou d’étendre un programme électronucléaire et qui développent ou renforcent leurs infrastructures : Afrique du Sud, Bengladesh, Egypte, Indonésie, Jordanie, Nigeria, Pologne et Vietnam ;
  3. Ceux qui se préparent activement mais qui n’ont pas encore officiellement pris leur décision : Arabie Saoudite, Chili, Malaisie, Maroc et Thaïlande ;
  4. Ceux qui conservent l’option électronucléaire ouverte mais avec une mise en œuvre à très long terme.

L’AIEA se concentre sur les pays des deux premières catégories et leur fournit des formations et conseils (étude de faisabilité, évaluation technologique, appel d’offre, etc), ainsi qu’un catalogue de services techniques pour développer et renforcer leurs infrastructures nucléaires. Cette offre d’assistance se fonde sur l’expérience de certains Etats membres ayant déployé des programmes électronucléaires indigènes.

Missions de revue

A la demande d’un Etat membre (et souvent dans le cadre de l’un de ses projets nationaux du Programme de coopération technique de l’AIEA), diverses missions de revue peuvent être dépêchées sur le terrain : elles permettent d’évaluer de manière globale le développement des infrastructures nationales. Composées d’experts internationaux et d’experts de l’AIEA (en général, une douzaine de personnes), ces missions d’une semaine ont pour objectif d’expliquer, d’une part, les guides de l’AIEA et les services qu’elle offre, et d’identifier, d’autre part, des actions d’amélioration.

On distingue les missions de type :

  • « Milestones », qui fournissent une vision intégrée de la planification électronucléaire ;
  • « Support à l’auto-évaluation », qui aident les Etats membres à conduire leur auto-évaluation nationale sur les 19 domaines des « Milestones  » ;
  • « Pré-INIR », qui préparent la logistique des missions de revue des infrastructures nucléaires intégrées (INIR) ;
  • « INIR » (Integrated nuclear infrastructure review), qui évaluent la maturité du développement des infrastructures nucléaires nationales.

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Dernière modification : 04/08/2015

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