Coopération pour le développement dans le domaine de l’Energie

Priorités de l’aide française au développement dans le secteur de l’énergie

L’aide française au développement dans le secteur de l’énergie s’inscrit dans le cadre de stratégies globales de lutte contre la pauvreté, de promotion d’une croissance verte et équitable, et de protection des biens publics mondiaux. L’action de la France s’articule aujourd’hui autour de quatre grands objectifs :

  • Donner la priorité aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique ;
  • Améliorer l’accès à l’énergie dans les zones rurales et périurbaines ;
  • Sécuriser et renforcer les systèmes énergétiques ;
  • Renforcer les politiques énergétiques et les capacités des acteurs.

Une action inscrite dans la lutte contre le changement climatique

Cette aide est étroitement liée à l’action de la France contre le changement climatique et ses effets. Sur les 7,4 milliards d’euros consacrés au secteur de l’énergie par l’Agence française de développement (AFD) depuis 2007, 5,8 milliards d’euros ont contribué à la réalisation de projets dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

De nouveaux moyens adaptés

Dans le cadre de sa nouvelle stratégie, l’AFD s’est fixée pour objectif un volume d’engagements de 2 milliards d’euros pour les trois prochaines années (2013-2016) dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Le volume global d’engagements dans le secteur énergétique sera, quant à lui, maintenu à près de 2 milliards d’euros par an.

Le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) a fait de l’énergie durable en Afrique une priorité pour 2013-2014. Il consacrera au développement de projets innovants, notamment d’accès à l’énergie, 5 millions d’euros de subvention en cofinancement.

Nécessité de mobiliser de nouveaux acteurs

Pour atteindre les objectifs fixés, notamment dans le cadre de l’initiative du Secrétariat général des Nations Unies intitulée Sustainable energy for all (SE4All), des financements additionnels doivent être trouvés. Il est aujourd’hui essentiel de créer les conditions d’une implication du secteur privé aux côtés de l’aide traditionnelle, à travers la mise en place de nouveaux mécanismes de financement à fort effet de levier et l’adoption de réformes et de politiques volontaristes.

Axes d’intervention et des actions concrètes

Renforcer l’intégration énergétique régionale en Afrique de l’Ouest

Il s’agit d’un axe majeur d’intervention de la coopération française. Plusieurs projets de lignes de transport et d’interconnexions électriques programmés dans le cadre du pool énergétique d’Afrique de l’Ouest (WAPP) et différents projets d’infrastructures d’énergies renouvelables ont été financés par l’AFD au cours de ces dernières années (plus de 200 millions d’euros pour le financement de l’interconnexion électrique entre le Ghana et le Burkina Faso).

Le ministère des Affaires étrangères (MAE) a par ailleurs apporté un important soutien au développement de politiques d’accès à l’énergie : financement d’un livre blanc, "Pour une politique régionale sur l’accès aux services énergétiques", et mise en place du projet pour la promotion de l’accès à l’énergie dans les stratégies et programmes nationaux (MEPRED). Avec le soutien de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), le MAE développe également des programmes d’efficacité énergétique.

Programme d’électrification rurale au Maroc

Depuis 1996, la France apporte également son soutien au Maroc dans le cadre du développement de son programme d’électrification rural global (PERG). Un projet ambitieux et un succès incontestable : en 2009, le Maroc a atteint un taux d’électrification rurale de 97 % avec un taux moyen de foyers raccordés dans les villages mis sous tension d’environ 75 %. La coopération française a apporté une contribution totale de 240 millions d’euros. Ce programme a aussi permis d’électrifier des foyers éloignés du réseau avec plus de 50 000 kits solaires installés.

Développer l’énergie verte en Afrique de l’est

Principal bailleur du secteur énergétique au Kenya, l’AFD apporte depuis plusieurs années un soutien important à la valorisation de la géothermie avec plus de 230 millions d’euros de financements apportés pour le développement du potentiel géothermique du site d’Olkaria. D’autres projets de développement de la géothermie sont à l’étude dans la sous-région (Rwanda, Ouganda). La coopération française travaille par ailleurs sur de nouveaux mécanismes de financement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, en partenariat avec des banques commerciales.

Une action renforcée dans le cadre de l’Union européenne

Instruments de cofinancement novateurs

L’UE est aujourd’hui l’un des principaux acteurs de l’aide au développement dans le secteur de l’énergie. Elle a su à la fois financer des projets issus d’initiatives locales et développer des instruments de cofinancement novateurs, associant prêts et dons, qui permettent un effet de levier important. Il s’agit par exemple de la Facilité énergie qui cible des projets dans le domaine de l’accès à l’énergie durable dans les zones rurales et périurbaines des pays d’Afrique subsaharienne, des Caraïbes et du Pacifique. Depuis sa création en 2006, cet instrument a été doté de 420 millions d’euros de subvention. Il a permis le financement de 140 projets, améliorant l’accès à l’énergie de 15 millions de personnes et rendant possible le développement d’une plate-forme européenne des bailleurs sur l’accès à l’énergie.

En juin 2012, l’UE a annoncé une contribution de 465 millions d’euros, au titre de l’initiative SE4All, exclusivement consacrée aux financements de projets d’accès à l’énergie, d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique. Avec une participation au Fonds européen de développement de l’ordre de 19,55 %, la France est le deuxième contributeur à ces financements.

Une action politique concertée

La France participe à l’initiative énergie de l’Union européenne pour l’éradication de la pauvreté, lancée lors du Sommet de la Terre de Johannesburg en 2002, pour favoriser une meilleure prise en compte de l’énergie dans les stratégies de lutte contre la pauvreté.

Elle est également un membre actif du partenariat Afrique-UE énergie, lancé à Lisbonne en décembre 2007, et participe, via l’AFD, à la mise en œuvre de son programme de coopération dans le domaine des énergies renouvelable.

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Dernière modification : 30/10/2014

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