Agriculture et sécurité alimentaire

En 2012, M. Yukiya Amano, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a choisi de mettre la priorité sur la contribution des applications nucléaires dans le domaine de la sécurité alimentaire. Le forum scientifique organisé par l’Agence en marge de la 56eme conférence générale a été consacré aux apports des applications nucléaires pour répondre aux défis alimentaires que les hommes devront relever dans les années à venir.

La division mixte FAO/AIEA

Le Département des sciences et applications nucléaires de l’AIEA est doté d’une division mixte de l’AIEA et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dont les activités sont consacrées au développement, à la promotion et à la diffusion des techniques nucléaires dans l’alimentation et l’agriculture. Cette structure est actuellement chargée de fournir des formations aux Etats membres et un appui scientifique et technique à plus de 200 projets de coopération technique nationaux et régionaux.

Ces projets sont financés à la fois par le Fonds de coopération technique de l’AIEA, par le programme de coopération technique de la FAO et par des contributions volontaires de pays donateurs et d’organismes internationaux.

Les laboratoires pour l’agriculture et les biotechnologies de l’AIEA, situés à Seibersdorf, à 35 km au sud de Vienne, jouent un rôle clef dans la mise en œuvre du programme de la division mixte FAO/AIEA. Ils offrent une vaste gamme de services spécialisés dans diverses disciplines à des scientifiques par le biais de bourses individuelles. Ces laboratoires fournissent également des conseils sur la mise en place de contrôles et d’assurance qualité analytique dans les laboratoires des Etats membres et leurs proposent des formations à la maintenance des équipements et des instruments de laboratoire.

Des techniques nucléaires au service de la production agricole et de la consommation

En partenariat avec la FAO, l’Agence aide les Etats membres à améliorer et accroitre leur sécurité alimentaire. Elle cherche ainsi à augmenter le rendement et la qualité des cultures par une meilleure diversification et une adaptabilité renforcée de ces dernières. En promouvant les techniques nucléaires, l’Agence aide également les Etats membres à circonscrire l’emploi des pesticides, à réduire les pertes de récoltes provoquées par les maladies et à surmonter les obstacles phytosanitaires au commerce.

Ainsi, les techniques nucléaires apportent des contributions dans des secteurs clef de la production agricole et de la consommation. Elles sont utiles pour mettre au point de nouvelles variétés de plantes. Par exemple, les techniques faisant appel aux rayonnements améliorent la sélection des plantes en stimulant le développement de caractéristiques souhaitables (teneur en protéines plus élevée, résistance aux maladies, tolérance aux sols salins) sans introduire de matériel génétique d’autres organismes.

Les techniques nucléaires sont également utiles pour réduire l’impact des ravageurs sur le terrain et lors du traitement des aliments. Ainsi, en éliminant bactéries et ravageurs, l’irradiation d’aliments frais prolonge leur durée de conservation et améliore les possibilités de stockage et de transport, ce qui renforce la sécurité sanitaire des aliments.

  • Soudan - La science nucléaire pour améliorer la productivité agricole : Au Soudan, un appui a été fourni par l’AIEA au titre d’un projet de la coopération technique intitulé « amélioration de la productivité de certaines cultures à l’aide de techniques nucléaires » pour remédier à des insuffisances de capacités et faciliter l’adoption de nouvelles variétés végétales ». De jeunes chercheurs ont bénéficié d’une formation sur des applications nucléaires spécifiques et deux variétés de plans de tomate résistants au virus de l’enroulement de la feuille ont été cultivées localement. Ces nouvelles variétés ont généré des rendements quantitativement et qualitativement supérieurs en fruits. En outre, il a été observé une meilleure tolérance de ces nouvelles variétés au virus de l’enroulement de la feuille.

Parmi les autres applications nucléaires diffusées par l’Agence, les marqueurs isotopiques permettent de suivre l’évolution des nutriments dans les écosystèmes agricoles, d’évaluer leur disponibilité dans le sol, les résidus de cultures, les engrais et les aliments et de déterminer si le corps humain les absorbe efficacement.

Enfin, l’Agence encourage les Etats membres à développer des techniques visant à améliorer la productivité animale. Ses projets sont axés sur l’utilisation efficace des produits locaux d’alimentation animale, sur le perfectionnement des techniques de reproduction et des programmes de sélection de races animales locales ainsi que sur le développement des capacités de diagnostic et des stratégies prophylactiques destinées à prévenir les maladie animales, de type zoonoses.

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Dernière modification : 29/10/2014

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