Action internationale de la France dans le domaine de la lutte contre la drogue

Principes

Sur la scène internationale, la position de la France se fonde sur une approche équilibrée visant à la fois à réduire la production et la consommation, dans le respect de trois principes :

  • La coresponsabilité, qui établit la responsabilité partagée des pays producteurs et des pays consommateurs dans le développement du fléau de la drogue. Le principe de coresponsabilité tient compte de la distinction parfois difficile entre pays producteurs et pays consommateurs, la plupart des pays producteurs étant devenus également des zones de consommation et certains pays consommateurs étant devenus producteurs (cannabis, drogues de synthèse). Ce principe a été consacré par la communauté internationale lors de la Session extraordinaire de l’Assemblée Générale des Nations-unies sur les drogues (SEAGNU, New York, 8-10 juin 1998).
  • La solidarité, corollaire du principe de coresponsabilité, qui établit le partage des moyens mis en œuvre dans la lutte contre la drogue, notamment par le biais de projets de développement alternatif.
  • Le respect des droits de l’homme, qui stipule que la lutte contre la drogue ne doit pas se faire au détriment des droits de l’homme. La prévention et le développement ne peuvent porter leurs fruits que s’ils respectent les dimensions culturelles et sociales des zones considérées.

L’action de la France favorise les approches multilatérales dans tous les forums adaptés, au premier rang desquels l’Organisation des Nations Unies (ONU). La France est ainsi particulièrement impliquée dans les activités de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), de la Commission des Stupéfiants (CND) et de l’Organe International pour le contrôle des stupéfiants (OICS).

Zones d’action prioritaires

L’instabilité générée par le trafic de drogue et la criminalité organisée doit appeler une réponse concertée et cohérente, en particulier dans les régions fragilisées par ces fléaux. Ces dernières années ont vu l’augmentation inquiétante du trafic de drogue et de ses conséquences (blanchiment d’argent, corruption, violence et délinquance) dans trois zones particulièrement vulnérables :

  • En Afghanistan et dans les pays voisins d’Asie centrale : la situation relative aux drogues demeure très préoccupante dans cette région. En 2014, l’Afghanistan a produit entre 75% et 90 % de l’héroïne consommée dans le monde et la production d’opium ne cesse de s’intensifier depuis le début des années 2000 (70% de hausse entre 2010 et 2014), même si une baisse de la production a pu être constatée en 2015. L’héroïne transite en grande partie par le Pakistan (notamment via le port de Karachi), l’Iran et l’Asie centrale et arrive en Europe via les Balkans et les pays baltes. Par ailleurs, l’Afghanistan est devenu le premier producteur mondial de cannabis avec une production estimée entre 1 500 et 3 500 tonnes par an ;
  • En Amérique latine et dans les Caraïbes : la Pérou et la Bolivie, deux des trois principaux producteurs mondiaux de cocaïne, après avoir connu une augmentation inquiétante de leur production ont vu une stagnation de la production de cocaïne. Cette production, majoritairement destinée au marché américain et européen, transite souvent par les Caraïbes, qui constituent une importante zone de transit pour le trafic de drogues. Un peu plus de 100 tonnes de cocaïne, en provenance du Venezuela et de la Colombie et à destination des Etats-Unis et de l’Europe transiteraient par cette région chaque année. Il est à noter également l’augmentation de la consommation de cocaïne en Amérique latine.
  • En Afrique de l’ouest et en particulier dans la zone sahélo-saharienne : cette région est aujourd’hui devenue l’une des principales zones pour le trafic international de cocaïne, mais les saisies opérées demeurent faibles comparées à celles effectuées dans le reste du monde. Les raisons de l’émergence de cette zone sur la scène du trafic de cocaïne sont bien identifiées : faibles réponses institutionnelles des pays ciblés par les groupes criminels, gouvernances défaillantes et corruption, porosité des frontières, faibles taux d’équipement, etc.

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Dernière modification : 16/12/2015

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