A savoir avant de postuler

Le statut des fonctionnaires internationaux travaillant au sein des organisations internationales à Vienne est régi par le Statut du personnel (ST/SGB/2009/6), qui vaut pour toutes les organisations du système des Nations Unies. Le Statut prévoit en premier lieu des devoirs et des privilèges ; en particulier un devoir de loyauté envers l’organisation internationale. Les fonctionnaires internationaux ne doivent avoir en vue que les intérêts de leur organisation, et à ce titre ne peuvent solliciter ni accepter d’instructions d’aucun gouvernement. Tout en conservant le bénéfice des libertés fondamentales, ils doivent conserver une discrétion suffisante quant à leurs opinions politiques ou leurs croyances religieuses. En particulier, un fonctionnaire international ne peut pas être élu à des fonctions politiques, même s’il peut s’engager dans un parti politique, dans la mesure où les valeurs défendues par ce parti ne vont pas à l’encontre des valeurs défendues par l’Organisation des Nations Unies (ONU). Enfin, ils ne peuvent accepter de décoration ni de distinction d’aucun gouvernement pendant l’exercice de leurs fonctions.

En contrepartie, les fonctionnaires internationaux bénéficient des immunités judiciaires et fiscales accordées aux organisations internationales, dans la mesure où ces indemnités servent les intérêts de leur organisation. Ils ne sont pas pour autant dispensés de respecter les lois et les règlements de l’Etat dans lequel ils se trouvent, ni d’exécuter leurs obligations personnelles.
Dans le cadre de leur travail, les fonctionnaires internationaux bénéficient du droit à une représentation syndicale.

Rémunération

Le statut de fonctionnaire international implique une enveloppe globale de rémunération attractive, comprenant un traitement et des prestations particulières.

Le principe est que les fonctionnaires internationaux ont droit à une rémunération au moins égale aux rémunérations en place dans la fonction publique nationale la mieux rémunérée des Etats membres de l’ONU (principe dit Noblemaire). Les personnels des Nations Unies recrutés localement ont droit quant à eux à une rémunération correspondant aux conditions les plus favorables de l’Etat de leur recrutement (principe dit Flemming).

Les fonctionnaires internationaux disposent d’un statut fiscal dérogatoire, souvent avantageux. Ils sont en effet exemptés de tout impôt national ou local sur les revenus qu’ils tirent de leur emploi dans une organisation internationale. Ils ne sont toutefois pas dispensés de s’acquitter des taxes indirectes ou dues en raison de revenus privés.

Néanmoins, si les fonctionnaires internationaux sont exemptés de l’impôt national sur le revenu, ils sont redevables d’une contribution obligatoire perçue par l’ONU et dont ils s’acquittent sous la forme de retenues à la source. Les taux de contributions sont progressifs et prennent en compte l’existence de personnes à charge.

Les fonctionnaires internationaux perçoivent en complément de leur traitement diverses indemnités, notamment :

  • une indemnité de poste ;
  • une indemnité de déménagement ;
  • une indemnité de logement ;
  • une indemnité de prise en charge de personne dépendante ;
  • une indemnité de rapatriement ;
  • des indemnités de visite familiale.

Les fonctionnaires internationaux peuvent également bénéficier de bourses couvrant la majeure partie des frais d’éducation de leurs enfants, ainsi que de plans de retraite et d’épargne relativement avantageux.

En revanche, il n’existe pas de véritable système d’assurance-chômage au niveau des organisations internationales. Les fonctionnaires internationaux français doivent ainsi souscrire à un régime spécial auprès de l’Unédic. Les systèmes d’assurance-maladie sont par ailleurs très variables d’une organisation à une autre et peuvent être moins favorables que le système français.

Pour plus d’informations sur l’assurance-chômage des fonctionnaires internationaux, consulter la page ici.

Profil des recrutements

Ces avantages matériels sont la contrepartie des hautes qualités que les Organisations internationales exigent de leur personnel. Les fonctionnaires internationaux doivent en effet faire preuve d’une éthique et de compétences particulières.

Valeurs : intégrité, professionnalisme, respect de la diversité

Les valeurs se déclinent au quotidien et sont mises en avant dans les procédures et les modes de recrutement : la vérification de leur compréhension et de leur respect fait partie intégrante des processus de recrutements aux Nations Unies. Les candidats doivent s’attendre à se voir interroger de manière approfondie à ce sujet lors des entretiens.

Le statut du personnel rappelle dans son article 1.2-a que les fonctionnaires internationaux doivent respecter et appliquer les principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, ce qui signifie qu’ils aient foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine et dans l’égalité des droits des hommes et des femmes.

Trois valeurs structurent leur éthique personnelle :

  • Intégrité : ne se souciant pas de leur intérêt propre, les fonctionnaires internationaux doivent agir avec impartialité et dans le seul intérêt de leur organisation.
  • Professionnalisme : ils doivent travailler avec dévouement, être consciencieux et efficaces, respecter les délais et obtenir des résultats. Le professionnalisme implique également une bonne présentation personnelle.
  • Respect de la diversité : ils doivent exploiter leurs différences pour imaginer des manières originales de s’attaquer aux problèmes complexes auxquels ils sont confrontés. Le respects de ces valeurs revêt une importance particulière dans le cadre multilatéral et multiculturel.

Pré-requis

Il est indispensable pour candidater et travailler aux Nations Unies à Vienne de posséder une bonne maîtrise de l’anglais oral et écrit. A défaut d’une maîtrise de l’anglais tout au long du processus de recrutement (tests écrits, entretiens), les candidats, quelle que soit l’excellence de leurs compétences et de leur parcours professionnel, s’exposent à un rejet de leur candidature.

Outre une aisance suffisante, il est utile qu’ils s’imprègnent du « lexique » et de l’anglais tel qu’il est pratiqué aux Nations Unies. A cet égard, la lecture de documents et de publications des Nations Unies est fortement recommandée. Une préparation très soignée au plan linguistique est donc un élément essentiel du succès d’une candidature.

La maîtrise d’une ou de plusieurs autres langues officielles des Nations Unies (français, espagnol, chinois, russe, arabe) constitue un atout supplémentaire pour une carrière aux Nations Unies.

Compétences de base

Sur le plan professionnel, les fonctionnaires internationaux doivent faire preuve dans leur travail de compétences essentielles/reconnues déterminant leurs performances individuelles.

  • Esprit d’équipe (teamwork) : il s’agit de s’intéresser réellement aux idées des autres et de savoir exploiter leurs compétences. Les objectifs de l’équipe passent avant les objectifs individuels.
  • Souci du « client/service » (client orientation) : la notion de client est devenue fondamentale dans le travail des organisations internationales. Il importe d’entretenir des relations productives avec les interlocuteurs qui bénéficient de ce travail, des rapports de confiance empreints de respect mutuel. Il faut écouter quels sont leurs besoins et y trouver des réponses satisfaisantes.
  • Créativité (creativity) : les fonctionnaires internationaux doivent avoir à cœur de proposer des solutions originales et inventives aux problèmes qui peuvent se poser, sans attendre qu’on leur en donne l’ordre.
  • Volonté de perfectionnement (commitment to continuous learning) : ils doivent se tenir au courant de l’actualité de leur spécialité, et doivent parfois suivre un minimum de séminaires ou de programmes de formation dans l’année. L’apprentissage de langues étrangères est fortement encouragé par un système d’incitations salariales.
  • Aptitude à la communication (communication) : ce n’est pas seulement bien faire circuler l’information, par écrit ou oralement. Il faut aussi savoir faire preuve de jugement en fonction de la situation et adapter la présentation et la teneur de son message de façon qu’il passe bien.
  • Aptitude à la planification et à l’organisation (planning and organization) : Il faut savoir quels sont les objectifs et les priorités – et aussi, le cas échéant, les revoir. Il faut s’organiser pour faire le meilleur usage du temps et des autres ressources dont on dispose.
  • Sens des responsabilités (accountability) : Les fonctionnaires internationaux doivent assumer la responsabilité de l’exécution de certaines tâches et du rôle qu’ils jouent dans le cadre d’un projet qui les dépasse. Ils doivent honorer leurs engagements sans perdre de vue les règles et règlements de leur organisation.
  • Ouverture à la technologie (technological awareness) : ils doivent se tenir au courant du progrès technologique, afin de maximiser leur performance professionnelle.

Compétences en matière d’encadrement

Les candidats à des postes d’encadrement au sein des organisations internationales doivent faire preuve, outre ces compétences de base, de qualités démontrant leur capacité à diriger des équipes.

  • Hauteur de vue : il faut avoir en tête les grandes orientations du mandat de son organisation, afin d’articuler sa mission particulière avec les objectifs fondamentaux des Nations Unies. Ne pas avoir « le nez dans le guidon » et prendre du recul donne une profondeur et une efficacité accrue au travail.
  • Exercice de l’autorité : le « leadership » est l’art de savoir faire accepter les changements et, tout en restant à l’écoute de ses subordonnés, d’imposer les décisions difficiles.
  • Responsabilisation des subordonnés/collaborateurs : il faut savoir déléguer et apprécier les compétences de ses subordonnés/collaborateurs.
  • Evaluation professionnelle : un responsable doit savoir évaluer les prestations et les objectifs de ses subordonnés, afin de déterminer les compétences qu’il leur faut acquérir.
  • Aptitude à donner confiance : un « bon chef » est ouvert au point de vue des autres, il tient ses promesses et reconnaît à qui revient le mérite des réalisations.
  • Sûreté du jugement et prise de décision : dans le contexte multilatéral des organisations internationales, il est vital de bien savoir peser ses actes et une fois la décision prise, de pouvoir la défendre efficacement.

Niveaux de poste

Il existe plusieurs voies pour faire carrière aux Nations Unies, qui correspondent à différentes catégories de fonctionnaires internationaux. Les spécialisations sont très diverses au sein de ces catégories.

Professionnels (P)

Les postes dits de « Professionnels », ou encore d’administrateurs et de fonctionnaires de rang supérieur font l’objet d’un recrutement international, et il est à ce titre escompté qu’ils remplissent leurs fonctions dans différents lieux d’affectation au cours de leur carrière. Les candidats à ces postes doivent en théorie pouvoir justifier d’un diplôme universitaire correspondant à un niveau de Master.

Un diplôme universitaire de premier cycle peut également être accepté au lieu d’un Master, si ce diplôme est combiné avec des années supplémentaires en termes d’expérience professionnelle. Au sein de ces catégories, les grades dépendent de l’expérience professionnelle :

Grade Expérience professionnelle
P1 (Administrateur adjoint de 2e classe) Ouvert aux lauréats du concours du programme des Jeunes Administrateurs
P2 (Administrateur adjoint de 1e classe) 2 ans – Ouvert aux lauréats du concours du programme des Jeunes Administrateurs
P3 (Administrateur de 2e classe) 4 à 6 ans
P4 (Administrateur de 1e classe) 7 à 10 ans
P5 (Administrateur hors classe) 10 à 15 ans
D1 (Administrateur général) Moins de 20 ans
D2 (Directeur) Plus de 20 ans

Les fonctionnaires internationaux de grade P5 et D sont considérés comme des diplomates, et possèdent comme pièce d’identité autrichienne une « carte rouge » diplomatique. Les autres disposent d’une « carte verte » d’accréditation mais n’ont pas le statut de diplomate.

Services généraux (G)

Les agents des services généraux et le personnel des catégories apparentées sont recrutés sur place : il n’est donc pas attendu d’eux qu’ils changent d’affectation au cours de leur carrière. Les titulaires de certains postes linguistiques de la catégorie des services généraux, comme par exemple les assistants d’édition et de publication assistée par ordinateur peuvent être recrutés sur le plan international, si l’on ne dispose pas sur place de candidats remplissant des critères linguistiques spécifiques.

Dans la plupart des cas, les candidats, pour être éligibles, doivent avoir passé avec succès le test local d’aptitude aux fonctions d’appui administratif. Par ailleurs, plus le grade visé est élevé, plus l’expérience professionnelle exigible est longue et d’un niveau élevé de responsabilité.

Grade Expérience professionnelle
G1 à G4 (débutants) 1 à 4 ans
G5 à G6 (milieu de carrière) 5 à 6 ans
G7 (classe la plus élevée) plus de 7 ans

Il est possible au gré des évolutions et des opportunités de carrière d’être recruté sur un poste G puis, par le vecteur de la mobilité interne, d’obtenir un recrutement sur un poste P. Cette évolution sera d’autant plus facile que les années d’expérience en poste de niveau G auront un lien direct avec le poste de niveau P convoité.

Service mobile

Le personnel du Service mobile est généralement recruté sur le plan international pour travailler dans des missions sur le terrain. Il fournit des services d’appui d’ordre administratif, technique ou logistique aux missions sur le terrain des Nations Unies. L’avancement dépend à la fois de l’expérience professionnelle et des qualifications académiques.

Grade Expérience professionnelle Candidats titulaires d’un diplôme universitaire du premier cycle
FS-4 6 ans
FS-5 7 ans 5 ans
FS-6 10 ans
FS-7 12 ans 7 ans

Postes linguistiques

Les organisations internationales recrutent des linguistes par concours ouverts en fonction de leurs besoins. Ce recrutement s’effectue généralement sur le plan international. Du fait du prochain départ à la retraite d’une bonne partie des linguistes à l’ONU, il est à prévoir que de nombreux recrutements vont avoir lieu dans les prochaines années. Les postes dits linguistiques comprennent des interprètes, des traducteurs, des terminologues, des éditeurs, des correcteurs d’épreuves, ou encore des professeurs de langues.

Pour ce mode de recrutement, consulter le site UN Careers.

Dernière modification : 09/10/2014

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